Tous les articles par guillaume bardou

Guillaume Bardou est un auteur de langue française. Il est né le 23 octobre 1968 à Vitry-sur-Seine. Il exerce un métier d'artisan. Il écrit librement, ses thèmes d'écriture sont philosophiques, métaphysiques, romanesques, poétiques...

Le verbe

17/10/2014

Se positionner comme « pour » ou « contre », c’est ce qui nous est servi par le verbe quand un de ses symboles demande à déterminer nos pensées. Ce verbe exige d’autant plus une réponse exclusive en « oui » ou en « non », à mesure qu’un de ses symboles se veut dominant. Et si je ne peux pas m’expliquer avec des mots pourquoi je suis « pour » ou « contre », alors je sers par ma passivité, mon impuissance, ma honte,  la continuation des pouvoirs politiques, économiques, spirituels, qui dérivent du symbole dominant (soit en les subissant, soit en les exerçant). Cependant le corps explicite toute croyance par rapport à sa finalité. Il le fait sans se soucier du mental, et donc du bonheur ou du malheur, mais il est toujours possible pour un mental de sortir d’un enfermement corporel sans exercer de violences (contre soi ou contre les autres c’est pareil). Les symboles du mental sont des identifications corporelles dans les objets, ce ne sont pas immédiatement des actions, et la cause des actions est plus la gestion des symboles que les symboles eux-mêmes. Les symboles dominants sont des identifications puissantes, des questions corporelles. S’il me semble que je ne supporte pas les symboles dominants, et bien je reconnais en même temps que ces symboles varient d’un lieu à l’autre, d’une époque à l’autre, et mon corps ne s’identifie plus totalement dans les objets proposés. C’est à dire que si un symbole dominant qui ferme la bouche à tout le monde est (pour faire actuel) « l’antiracisme », alors « je » veux être « raciste ». Et inversement si c’est le « racisme » qui me ferme la bouche, alors « je » veux être « antiraciste ». Et c’est déjà découvrir quelque chose de libérateur que de pressentir cela. Voilà la réalité des mots derrière les apparences des mots. De même le « je » n’est pas ce que nous croyons penser de nous-mêmes, mais le rôle que nous jouons réellement dans cette réalité. Et ce rôle, c’est le corps qui le signale infailliblement malgré les choix symboliques. Et cette incertitude mentale des choix symboliques, ce n’est déjà plus du mental… et ça empêche l’inéluctable glissement vers la dominance d’une pensée qui se voudrait sage…