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CITATIONS

Pierre de Coubertin

« Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre »

Nietzsche, (ou anonyme ?)

« Ni la raison ni le but ne rendirent bonne ton action, mais le fait qu’en elle ton âme tremble et resplendisse et déborde »

Michel Vaujour 

« Le jour où ton ennemi est plus important que toi, tu es un homme mort : il a gagné. » 

Alexis de Tocqueville

« Il est clair que si chaque citoyen, à mesure qu’il devient individuellement plus faible, et par conséquent plus incapable de préserver isolément sa liberté, n’apprenait pas l’art de s’unir à ses semblables pour la défendre, la tyrannie croîtrait nécessairement avec l’égalité. »

« Parmi les lois qui régissent les sociétés humaines, il y en a une qui semble plus précise et plus claire que toutes les autres. Pour que les hommes restent civilisés ou le deviennent, il faut que parmi eux l’art de s’associer se développe et se perfectionne dans le même rapport que l’égalité des conditions s’accroît. »

Sri Aurobindo

« Le Mental est un instrument d’analyse et de synthèse, mais pas de connaissance essentielle. Son rôle est de découper vaguement une partie de la Chose en soi inconnue et d’appeler cette chose ainsi mesurée ou délimitée un  » tout « , puis d’analyser à nouveau le tout en ses parties qu’il considère comme des objets mentaux séparés. Le Mental ne peut voir avec précision, et ne peut connaître à sa manière, que les parties et les accidents. Il ne conçoit clairement le tout que comme un assemblage de parties ou une totalité de propriétés et d’accidents. Voir le tout autrement que comme une partie d’autre chose ou dans ses propres parties, propriétés et accidents, ne peut être, pour le Mental, qu’une vague perception; c’est seulement lorsqu’il l’a analysé et en a fait un objet distinct, une totalité dans une totalité plus grande, que le Mental peut se dire à lui-même :  » Cela, maintenant je le connais.  » Mais en réalité, il ne le connaît pas. Il ne connaît que sa propre analyse de l’objet et l’idée qu’il s’en est formé par une synthèse des parties et des propriétés distinctes qu’il a vues. Son pouvoir caractéristique et sa fonction assurée s’arrêtent là, et si nous aspirons à une connaissance plus grande, plus profonde et réelle — une connaissance et non pas un sentiment intense mais indistinct, comme il en vient parfois à certaines parties profondes et inexprimées de notre mentalité —, le Mental doit céder la place à une autre conscience qui l’accomplit en le transcendant, où qui inverse, et ainsi rectifie ses opérations après l’avoir dépassé d’un bond : le sommet de la connaissance mentale n’est qu’un tremplin d’où l’on peut faire un tel bond. La plus haute mission du Mental est d’éduquer notre conscience obscure qui a émergé de la sombre prison de la Matière, d’en éclairer les instincts aveugles, les intuitions imprévisibles, les vagues perceptions jusqu’à ce qu’elle s’ouvre à cette lumière plus vaste et entreprenne cette plus haute ascension. Le Mental est un passage, pas un apogée. »

Jiddu Krishnamurti

« Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale d’être bien adapté à une société malade. »

« La vérité est un pays sans chemins »

« Lorsque vous vous dites Indien, Musulman, Chrétien, Européen, ou autre chose, vous êtes violents. Savez-vous pourquoi? C’est parce que vous vous séparez du reste de l’humanité, et cette séparation due à vos croyances, à votre nationalité, à vos traditions, engendre la violence. Celui qui cherche à comprendre la violence n’appartient à aucun pays, à aucune religion, à aucun parti politique, à aucun système particulier. Ce qui lui importe c’est la compréhension totale de l’humanité. »

« L’important, c’est d’être à soi-même sa propre lumière, son propre maître et son propre disciple. »

« Savez-vous ce que signifie aimer quelqu’un ? Savez-vous ce que signifie aimer un arbre, un oiseau, ou un animal de compagnie, de sorte que vous vous en occupez, vous le nourrissez, vous le chérissez, bien qu’il ne vous donne peut-être rien en échange, qu’il ne vous offre pas son ombre, qu’il ne vous suive pas, qu’il ne dépende pas de vous ? La plupart d’entre nous n’aiment pas de cette manière, nous ignorons tout de cette forme d’amour car notre amour est toujours assailli d’angoisse, de jalousie, de peur, ce qui sous-entend que nous dépendons intérieurement d’autrui, que nous voulons être aimés, que nous ne nous contentons pas d’aimer tout simplement : nous demandons quelque chose en retour, et cette attente même nous rend dépendants. »

« On ne peut se rendre compte de la façon dont on est conditionné que lorsque survient un conflit dans une continuité de plaisir ou dans une protection contre la douleur. Si tout est harmonieux autour de nous ; notre femme nous aime, nous l’aimons, nous avons une maison agréable, de bons enfants, beaucoup d’argent : dans ce cas nous ne sommes en aucune façon conscients de notre conditionnement. Mais lorsque survient l’accident, la femme infidèle, la perte d’une fortune, une menace de guerre ou toute autre cause de douleur et d’angoisse, alors nous savons que nous sommes conditionnés. Lorsque nous luttons contre une chose, quelle qu’elle soit, qui nous dérange, au lorsque nous nous défendons contre une quelconque menace, extérieure ou intérieure, alors nous savons que nous sommes conditionnés. Et comme la plupart entre nous, la plupart du temps, sont perturbés, soit en surface soit en profondeur, ce trouble, ce désordre indique que nous sommes conditionnés. Tant que l’animal est choyé il réagit agréablement, mais dès qu’il rencontre un antagonisme, la violence de sa nature éclate. »

Lettre du voyant, Arthur Rimbaud

« Car JE est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident . J’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bond sur la scène. Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ont accumulé les produits de leur intelligence borgnesse, en s’en clamant les auteurs ! »

« Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, – et le suprême Savant ! – Car il arrive à l’inconnu ! – Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu ; et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innommables : viendront d’autres horribles travailleurs; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé! »

La vie divine, Sri Aurobindo

« Le Mental est en son essence une conscience qui mesure, limite, découpe des formes de choses dans le tout indivisible et les contient comme si chacune était une entité séparée… Même quand il sait que ce ne sont pas des choses en soi, il est obligé de les traiter comme si elles étaient des choses en soi; sinon il ne pourrait les soumettre à sa propre activité caractéristique… Il conçoit, perçoit, sent les choses comme si elles étaient découpées rigidement d’un arrière-plan ou d’une masse, et il les emploie comme des unités établies d’un matériel à lui donné pour sa création ou sa possession. Toute son action et sa jouissance s’appliquent ainsi à des touts qui font partie d’un tout plus vaste, et ces touts secondaires, à leur tour aussi, sont fragmentés en parties qui sont également traitées comme des touts en vue de leur dessein particulier. Le Mental a beau diviser, multiplier, additionner, soustraire, il ne peut dépasser les limites de cette mathématique… Car si le Mental semble parfois concevoir, percevoir, sentir ou goûter avec possession l’infini, c’est seulement en apparence, et c’est toujours une représentation de l’infini. Ce qu’il possède ainsi vaguement n’est qu’un Vaste sans-forme et non point le réel infini non spatial. Dés qu’il essaie de saisir celui-ci, de le posséder, aussitôt intervient son inaliénable tendance à la délimitation, et le Mental se retrouve maniant des images, des formes et des mots. Le Mental ne peut posséder l’infini, il ne peut que le subir ou être possédé par lui. »

Métaphysique et psychologie, Sri Aurobindo

« Je n’ai jamais fait mienne la conception du Divin comme une puissance omnipotente extérieure qui a « créé » le monde et le gouverne comme un monarque absolu et arbitraire (conception chrétienne ou sémitique); cela contredit trop ma vision et mon expérience au cours de trente années de sâdhanâ. C’est contre cette conception qu’est dirigée l’objection athée. »

Entretiens – Épictète

   « Si, au contraire, il place son bien et son intérêt dans les objets extérieurs, indépendants de lui, il en subira nécessairement la contrainte et rencontrera des obstacles, il sera l’esclave de ceux qui les détiennent en leur pouvoir, ces choses qu’il a admirées ou qu’il redoute, il sera nécessairement impie, car il se croira lésé par Dieu, il sera partial et cherchera à se procurer plus que sa part, et nécessairement aussi il sera bas et mesquin. »

   « Les choses elles-mêmes sont indifférentes, mais l’usage qu’on en fait ne l’est pas (…) Toutes les fois que je puis être entravé ou contraint, il s’agit d’objets qu’il n’est pas en mon pouvoir d’obtenir et qui ne sont ni bon ni mauvais ; seul, l’usage en est bon ou mauvais, et, lui, est en mon pouvoir.  (…) Il est sans doute difficile d’unir et de combiner ces deux états : la vigilance de l’homme qui s’applique aux choses et la fermeté d’âme de celui qui y reste indifférent. Néanmoins ce n’est pas impossible, sans quoi il serait impossible d’être heureux. »

   « Il y a trois disciplines auxquelles doit s’être exercé l’homme qui veut acquérir la perfection : celle qui concerne les désirs et les aversions, afin de ne pas se voir frustré dans ses désirs et de ne pas rencontrer ce qu’on cherche à éviter ; celle qui concerne les propensions et les répulsions, et, d’une façon générale, ce qui a trait au devoir, afin d’agir d’une façon ordonnée, réfléchie, sans négligence ; la troisième est celle qui concerne la fuite de l’erreur, la prudence du jugement, en un mot ce qui se rapporte aux assentiments. De toutes, la principale et la plus urgente est celle qui regarde les passions, car la passion ne vient point d’ailleurs que du fait de se voir frustré dans ses désirs ou de rencontrer ce que l’on cherche à éviter. Voilà ce qui amène les troubles, les agitations, les infortunes, les calamités, les chagrins, les lamentations, les envies ; ce qui rend envieux, jaloux, passions qui empêchent même de prêter l’oreille à la raison. »

 Voyage au bout de la nuit – Louis-Ferdinand Céline

 « Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir.»

 Marc-Aurèle – Pensées 

   « Efface tes imaginations en te disant sans cesse : actuellement il dépend de moi qu’il n’y ait dans cette âme ni vice ni désir ni en général aucun trouble, mais que je vois les choses telles qu’elles sont en usant d’elles suivant leur valeur. Songe bien à ce pouvoir qui est dans ta nature. »

   « Ce concombre est amer : laisse-le. Il y a des ronces sur le chemin : passe à côté. Cela suffit. N’ajoute pas : « Pourquoi choses pareilles dans le monde ? ». » 

« Entrer dans l’âme de chacun ; permettre aussi à autrui d’entrer dans notre âme. »

Erwin Schrödinger

   « L’ensemble de la science est lié à la culture humaine en général, et les découvertes scientifiques, même celles qui à un moment donné apparaissent les plus avancées, ésotériques et difficiles à comprendre, sont dénuées de signification en dehors de leur contexte culturel. Une science théorique qui ne serait pas conscience de ce que les concepts qu’elle tient pour pertinents et importants sont destinés à terme à être exprimés en concepts et en mots qui ont un sens pour la communauté instruite, et à s’inscrire dans une image générale du monde, une science théorique où cela serait oublié et où les initiés continueraient à marmonner en des termes compris au mieux par un petit groupe de partenaires, serait coupée du reste de l’humanité culturelle, vouée à l’atrophie et à l’ossification. »

Pourquoi j’ai mangé mon père – Roy Lewis 

   « (…) Observez les castors comme je l’ai fait,  fistons. Ils arrêtent des fleuves : voyez alors combien impétueuse est l’eau qui se déverse par le goulot qui lui reste ! Ou regardez tout aussi bien les chutes de Marchisson, ou mieux encore, allez jeter un coup d’oeil sur celles de Victoria. Cela vous donnera une idée de ce que je veux dire : l’obstruction nécessaire pour développer une pression irrésistible. Mais nous ne sommes pas des fleuves. C’est donc tout un système d’inhibition et de complexes qu’il faut créer dans notre tête.

   –  En attendant c’est toute une cataracte qui déferle dans la mienne, de tête, gémit Tobie. Et il s’assit et laissa tomber son mufle entre ses mains.

   –  Oui, dit père, je sais, c’est difficile à comprendre au début. Mais c’est indispensable. Pour résoudre des problèmes, il faut d’abord se les poser. Et pour pouvoir se les poser, il faut se créer des difficultés personnelles à se casser le ciboulot.

   –  Mais ça nous rendra si malheureux que nous finirons par tout lâcher et nous laisser mourir ! m’écriai-je. C’est le bonheur qui donne le goût de vivre.

   – Erreur, dit père gravement. Le bonheur vous rend paresseux. Tu chercheras dans le travail, tout au contraire, une diversion à tes difficultés, avec un surcroît d’énergie.

   – Je n’en crois rien, maugréai-je. »

 Petit lexique philosophique de l’anarchisme – Daniel Colson 

   «Immanence (voir transcendance mais aussi dehors / dedans). L’anarchisme est un immanentisme absolu. Pour la pensée libertaire tout se passe à l’intérieur des êtres des choses, des êtres et de leurs rencontres. Rien ne vient de l’extérieur (Dieu, Etat, Lois, Idées, Constitutions), tout est à l’intérieur, un intérieur illimité dans ses possibilités et que Bakounine appelle « Nature »

   « Ressentiment. Réaction durable d’un dominé qui ne parvient pas à transformer le rapport de domination qu’il subit en révolte et en force émancipatrice et affirmative (voir ces termes). Le ressentiment, qui n’épargne pas le mouvement anarchiste lui-même, est toujours placé sous le signe du négatif, de l’aigreur, de la plainte et de la dénonciation. L’homme et la femme de ressentiment prétendent toujours lutter contre ceux qui les dominent et les exploitent, mettre fin à cette domination et à cette exploitation. Mais cette domination et cette exploitation, ils ne peuvent plus s’en passer. Elles deviennent leur raison de vivre. Ils ont besoin d’elles, de les retrouver partout et toujours pour pouvoir continuer de ressentir indéfiniment l’injustice dont ils sont l’objet, cette injustice qui les autorise tout aussi indéfiniment à sans cesse dénoncer les autres.»

    « Culpabilité (voir ressentiment, réaction et responsabilité. La culpabilité est le vis à vis ou l’autre face du ressentiment, lorsqu’un rapport de domination est intériorisé du point de vue du dominant, et justifie indéfiniment l’expiation de cette position. Force négative, mais porteuse de ses propres satisfactions ou bénéfices, la culpabilité autorise un mélange subtil de pouvoir, de persécution, de soumission et de domination qui s’oppose à toute émancipation. Exemple historique de culpabilisation réussie : le christianisme.»

 Le droit d’être naturaliste – Jean Rostand 

   « La culture ce n’est pas avoir le cerveau farci de dates, de noms ou de chiffres, c’est la qualité du jugement, l’exigence logique, l’appétit de la preuve, la notion de la complexité des choses et de l’arduité des problèmes. C’est l’habitude du doute, le discernement dans la méfiance, la modestie d’opinion, la patience d’ignorer, la certitude qu’on n’a jamais tout le vrai en partage; c’est avoir l’esprit ferme sans l’avoir rigide, c’est être armé contre le flou et aussi contre la fausse précision, c’est refuser tous les fanatismes et jusqu’à ceux qui s’autorisent de la raison; c’est suspecter les dogmatismes officiels mais sans profit pour les charlatans, c’est révérer le génie mais sans en faire une idole, c’est toujours préférer ce qui est à ce qu’on préférerait qui fût. »

 Trois Upanishads – Shri Aurobindo

   «… Les multiplicités de l’univers sont parfois regardées comme faisant partie de l’universel Brahman, au même titre que les vagues font parties de la mer. Mais, en vérité, chacune des vagues est cette mer même, leurs diversités étant celles d’apparences superficielles créées par le mouvement de la mer. Or, comme chaque objet dans l’univers est vraiment l’univers entier sous l’un de ses aspects innombrables, de même chaque âme individuelle est Brahman se regardant elle lui-même et toute chose, d’un centre de conscience cosmique. »

 « Ce scrupule est tellement grand dans l’Ishâ Upanishad  que par suite de son expression dans la formule : « par l’ignorance ayant franchi la mort, par la connaissance il jouit de l’immortalité », la vie dans le monde pouvant être interprétée comme un simple préliminaire à une autre existence au-delà, elle rétablit immédiatement l’équilibre en renversant l’ordre dans une formule parallèle : « par la dissolution ayant franchi la mort, par le devenir il jouit de l’immortalité », faisant ainsi de la vie elle-même le champ de l’existence immortelle qui est le but est l’aspiration de toute vie. Dans cette conclusion, elle est d’accord avec l’ancienne pensée védique selon laquelle tous les monde, l’existence et la non existence, la mort, la vie et l’immortalité sont présents ici même dans l’être humain incarné, y sont en cours d’évolution, y sont réalisables pour qu’on les possède et qu’on en jouisse, et n’exigent pas pour cela qu’on renonce à la vie et à l’existence corporelles. Cette pensée n’a jamais entièrement disparu de la philosophie indienne, mais elle y a pris une place secondaire, et n’est plus admise qu’accessoirement, sans force suffisante pour atténuer notablement cette affirmation toujours plus énergique que l’extinction de l’existence dans le monde est la condition de notre liberté et le seul but qui soit pour nous sage et digne d’effort. »

   «… Dans nos rapports avec ce monde, nous devons être consciemment ce que nous sommes en réalité : ce moi unique qui devient tout ce que nous observons. Tout le mouvement, toutes les énergies, toutes les formes, tout ce qui se passe, nous devons le voir comme appartenant à notre moi unique et réel dans beaucoup d’existences, comme le jeu de la volonté, de la connaissance et de la joie du Seigneur dans Son existence dans le monde.

Nous serons alors libérés de l’égoïsme, du désir et du sens de l’existence séparées, libérés par conséquent de tout chagrin, de tout mirage, de tout recul craintif ; car tout chagrin provient de ce que l’ego évite peureusement les contacts de l’existence, du sens de crainte, de faiblesse, de besoin, d’aversion, etc., qu’a l’ego. »

Ishâ Upanishad (entre 800 et 500 av. J.-C. 

Son importance provient de la description de la nature de l’être suprême (Īshvara). Isha Upanishad présente un monisme ou une perspective non dualiste de l’univers en montrant que ce qui est est la seule réalité ou la réalité ultime. ) CF. Trois Upanishads – Shri Aurobindo –  Albin Michel

« 1. Au Seigneur tout ceci qui est, pour qu’il l’habite, et chaque chose, univers se mouvant dans l’universel mouvement. De tout cela détache-toi et jouis-en ; ne convoite aucun bien que s’approprient les hommes.

2. Faisant certes les œuvres ici, on doit désirer vivre cent ans. Ainsi en est-il pour toi et non autrement. L’action n’englue pas l’homme.

3. Sans soleil sont ces mondes enveloppés d’aveugles ténèbres, où partis d’ici vont tous ceux qui assassinent leur âme.

4. Unique, sans mouvement, plus prompt que la pensée, Cela, les dieux même ne peuvent l’atteindre dans sa progression en avant. Cela, dans sa stabilité, distance les autres qui courent. En Cela, Mâtarishvan établit les Eaux.

5. Cela est en mouvement, Cela est sans mouvement ; Cela est lointain, Cela aussi est proche ; Cela est au dedans de ce tout, Cela aussi est hors de ce tout.

6. Mais celui qui perçoit tous les devenirs dans l’Être même et l’Être en tous les devenirs, celui-là alors ne se replie plus.

7. Pour qui l’Être même est devenu tous les devenirs, pour qui sait, où la confusion ? Où la douleur ? Pour qui perçoit en tout l’Unité.

8. Lui s’est diffusé, lumineux, incorporel, sans défaut, sans organes, pur, invulnérable au mal. Le Voyant, le Penseur, celui qui devient tout, qui existe en soi, a ordonné les choses selon leur loi depuis les âges infinis.

9. En des ténèbres aveugles entrent ceux qui se vouent à l’ignorance ; et comme en plus de ténèbres, ceux qui sont adonnés à la connaissance.

10. Bien autre chose, a-t-il été dit, par la connaissance, bien autre chose, a-t-il été dit, par l’ignorance. Ainsi avons-nous appris des sages qui nous ont révélé Cela.

11. Connaissance et ignorance, celui qui connaît Cela comme les deux à la fois, par l’ignorance ayant franchi la mort, par la connaissance il jouit de l’immortalité.

12. En des ténèbres aveugles entrent ceux qui se vouent au non-devenir ; et comme en plus de ténèbres ceux qui sont adonnés au devenir.

13. Bien autre chose, a-t-il été dit, par le devenir, bien autre chose, a-t-il été dit, par le non-devenir. Ainsi avons-nous appris des sages qui nous ont révélé Cela.

14. Dissolution et devenir, celui qui connaît Cela comme les deux à la fois, par la dissolution ayant franchi la mort, par le devenir il jouit de l’immortalité.

15. Par un masque doré est couverte la face de la Vérité ; ôte cela, Toi, Évoluteur, pour la loi de Vérité et pour la Vision.

16. Évoluteur, Unique Rishi, Recteur, Illuminateur, Fils du Père des existences, dispose et rassemble. Le rayonnement, qui est la forme la plus bénie, est ce que de toi je perçois. Ce Purusha qui est là et partout, je Le suis.

17. Souffle, haleine immortelle, voici, ce corps finit en cendres. Ainsi, Pouvoir de faire, souviens-toi de ce qui a été fait, souviens-toi ; Pouvoir de faire, souviens-toi de ce qui a été fait, souviens-toi.

18. Agni, par la bonne voie conduis-nous vers la félicité, toi qui connais, ô Dieu, toutes les manifestations. Éloigne de nous l’égarement qui nous détourne. À toi nous offrons notre plus entière parole de soumission. »

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