L’IDÉE EXPLOSE

 

L’ÉTERNITÉ est ce qui n’est jamais regardé
Un rythme est un regard en passant
Une brisure, c’est la solitude qui se concentre
Dans l’éternité qui rencontre un miroir

La volonté se débarrasse de l’Acte sitôt qu’elle le voit
Prétendant l’accomplir, elle le dissout
L’être oubli sans vouloir et reprend l’acte
Comme absent de son œuvre

Si tu veux que j’existe, tu oublieras volontairement en pleine science
Le peu de cette chose incroyable que tu créeras ainsi, c’est Moi
Je mettrai des vérités accomplies dans tes habitudes
Elles ont toujours été les existences des autres

Je te ferai des regards avec des mots inconnus
« étendue-confiance » et « calme-posé-haut »
N’oublie pas d’ « oublier-en-augmentant » et tu feras mieux que savoir
N’oublie pas que les choses sont ton potentiel

***

L’ONDE est seule, la matière est double, la conscience voit ce qu’elle contient
Je suis ce qui contient l’aile volante, le rayonnement, un germe de vie
Je suis dans l’état qui voit cela, qui est dans cela, qui fait cela
Enfermé dans l’inconscience je me renouvelle pour grandir au loin

Motivé par la souffrance à échapper à la souffrance
Motivé par le plaisir à rester dans le plaisir
Fuir ou rester pose un problème à l’être, la solution n’est pas définitive
Comme l’onde, cette vibration basse, ce centre concentré entre les yeux

L’onde se fixe dans sa région et l’être en tombe par toutes ses ubiquités
Il croit exister quand il pense et qu’il agit dans l’instant, il tombe en se fixant
Il est par la plus forte de ses ubiquités la matière et la longueur temporelle
Un désert de vie et d’intelligence sans chemins qui prouve son extension

L’aile volante, le rayonnement, un germe de vie…
Dans quel état est l’être qui voit cela, qui est dans cela, qui fait cela ?
Un est seul et voit deux en double, quatre ne voit pas trois
Et quatre est ce qui contient tant d’êtres. Dans quel état est l’être qui voit cela ?

***

L’UNION est au-dessus des manifestations d’ubiquités
Ces premiers ou derniers maîtres suivent les choix communs du plus grand nombre
Un nombre sans fin a créé une infinité de choix
Mettant un élément nouveau là où personne ne pourra jamais le saisir

L’amour et l’égalité sont des idées de l’union
Mais des idées ne sont pas l’expérience de l’Union
Et elles sont aussi justes que leurs contraires
Tout s’intervertissant dans les cendres des cendres

Quand je cherche le contenant, je réduis les ubiquités des êtres que je contiens
Aucun d’eux ne perd sa manifestation propre, tous diront ma preuve malgré moi
C’est pour cela qu’on appelle « Union » ce discernement
Il n’est pas alors besoin de penser ce qui peut sourdre dans la manifestation

En dessous de chaque Union se décline un univers
Lié à l’origine malgré l’illusion et la chute permanente
La conscience n’est pas fondée sur la pensée
L’idée explose

Elle se répand dans l’ombre en lumières
Se démultipliant en autres explosions
Dans toutes les rencontres de l’être à l’être
L’ombre s’attache à la lumière

***

UN DÉLICE est l’être en Union avec l’au-delà de sa région
Il sait qu’il existe mais il n’agit pas pour sentir son existence
Et il n’agit pas pour s’unir avec l’en dessous de sa région
Ceux qui pensent et qui agissent par leurs pensées sont en lui

En bas, on parle de science et de conscience, de vérité aussi.
Mais ce n’est pas la pensée qui fait la conscience, ni un autre mouvement
Ces choses sont des traces
En bas, comme tournant en rond en croyant avancer

En bas ? Qu’est-ce qui prouve à l’être en délice qu’il n’est pas en bas ?
La conscience dans le monde des ubiquités s’accorde à autant d’univers
À autant de lois physiques qu’il y a de consciences semblables
C’est l’être qui se prouve à lui-même, depuis et pour rien d’autre

Les lois physiques changent quand les régions de l’être changent
Maintenant dans cette humanité, l’extension ressemble à une étoile
Qui s’est effondrée au point le plus bas et qui rebondit
Explosante

***

L’EXISTENCE, cette soif qui ne distingue pas la souffrance du plaisir
Elle imagine des preuves qu’elle désire comme des soleils certains
Dans quel état est l’être qui voit cela, qui est dans cela, qui fait cela ?
Il n’est pas en état d’Union quand il s’épuise de ce qu’il contient

Il y a des reflets d’ondes lumineuses dans ce plafond, ce sont de bons êtres.
Je porte en moi tous ces feux follets, ils calment ma peur
Ils veulent tous exister, l’un d’eux me fait préparer leurs actes
Tout autour une vague me soulève à mon heure de vérité

Il y a des reflets dans ce plafond qui sont plus précieux que l’avenir
Et puis l’épreuve est passée, la belle épreuve brillante de vérité
Indépendante de ma volonté et de son résultat
Dans quel état est l’être qui voit cela, qui est dans cela, qui fait cela ?

***
MA FORMULE dispose les opérateurs sans jamais me quantifier
Elle te dispose
Tu me penses par un dualisme parmi mes nombres
Multipliant le pareil en me perdant de vue

Je te contiens, j’ai besoin que tu crées des apparences
J’ai besoin de ta vie et de ta mort
Et toi aussi tu as ce besoin pour ce que tu contiens
Car au-delà de moi, au-delà de toi, c’est insupportable

Suscite les contours de ma Formule avec confiance
Je suis toi, l’expérience vraie est rare, tu ne peux pas la forcer
Pour toi quelques passages où tous tes êtres s’accordent
Je n’ai moi-même pas forcé mon augmentation

Il y a des apparences, que tu fais avec moi et par moi
Il y a des apparences, que tu fais avec toi et par toi
Je te contiens, tu me connais comme bornant ton existence
Je t’évolue, tout ce que Je fais Je le fais par toi en moi

Regarde dans le vide jusqu’à ce que je fasse lueur
Ne pense pas sans fin cette lueur, refais le vide
Tu te construis avec ça, avec toutes tes morts
En me prouvant que tu franchis toutes tes morts

Nos belles actions se font ensemble après ton oubli
Moi je ne vois qu’elles, et toi tu repars d’elles
Avec leurs nombres je t’ai fait patienter des champs des étoiles
Pour que tu leur trouves des apparences par ton dedans

Au-dessus d’elles il y a des régions toutes différentes
Au-dessus à nouveau tu ne verras plus pareillement
Les corps conscients s’y occupent mieux de moi
Fixant mes ubiquités dans moins d’extériorité

***

LA SOURCE de toute intelligence, de toute vie, de tout mouvement
C’est ce vide où la confiance apparaît comme suffisante
Comme une lueur d’où commencent toutes les adhérences
Comme des longs chemins qu’on peut ne pas suivre

Tous les mouvements semblent demander qu’on les suive
Parce qu’ils sont l’inconscience des mêmes rêves
Et si on les suit tels qu’ils paraissent on s’y perd
Car ils paraissent tellement réels

Mais la confiance est pour une aube bleue, pour un choix
Une vibration basse, un centre qui s’écarte entre les yeux
La Source de toute intelligence, de toute vie, de tout mouvement
On doit se la prouver par la confiance en l’oubli

Alors la Source libère son torrent de la mémoire de tout
De tous les coups de dés, des flammes, des formules
Le discours fragile se tait pour laisser place à la vérité
Qui nous trouve vainqueurs dans le secret

***

LA SINGULARITÉ est la simultanéité des apparences
Pour l’être se battant quelque part avec ce qu’il est
Rien ne manque quand le regard se double de simultanéité
Tout semble disparaître quand le regard a perdu sa lumière

C’est un frisson, une sensation, rien de pensable
Un délice dans l’impulsion première d’une aube bleue
C’est vrai même si ce qui se fait est faux
Le pouvoir de faire trouve une étrange mémoire

Les choses vues ensemble sont hors du temps
Les choses vues dans la causalité sont dans le temps
Et même la causalité n’est qu’une des choses séparées
Le Temps est son nombre très grand

Il n’y a pas de causalité créatrice
Il y a le regard qui fixe des apparences
L’objet complexe et fonctionnel et la formule juste
Sont faits d’apparences en parallèle

***

LE HASARD, c’est un nombre qui grandit et qui se brise
Les régularités les plus simples finissent elles aussi
Ces devenus-choses émiettés sont des regards
Qui recommencent en dévorant du hasard

Il est du bruit en bas et un calme en haut
Et c’est une illusion qui ne change pas
Il est du bruit en bas ou un calme en haut
Et ce n’est plus une illusion, soudainement

Il est des hauts et des bas pour l’être suscitant la causalité
Différences fixées dans les apparences par l’action d’un être contenant ou contenu
Les détails vus dans le contenu sont flexibles en simultanéité
Et rigides comme l’inflexibilité causale d’une différence passagère

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