L’ÉNERGIE INCONNUE

  Voir les choses telles qu’elles sont est un grand pouvoir qui est fait pour des humains comme nous de l’élévation d’un barrage psychologique contre une énergie extérieure. Toute existence construite psychologiquement connaît quelque chose qui la fait souffrir et contre lequel elle bute, elle est implicite dans chaque réussite du corps ou de l’esprit. Ce mystère est celui de l’existence, il est le barrage, son apparence n’est pas la réalité, la fonction de la conscience est de mettre cette apparence extérieure et hostile à l’intérieur d’elle-même sans différenciation.

  Le Pouvoir de faire est toujours un délice, en tout point de son énergie qui matérialise une équivalence entre l’image de l’objet et la réalité de l’objet. La pensée cherche en effet à embrasser la vérité de la réalité au moyen d’idées générales ou particulières, mais elle ne peut goûter ce délice qu’en se différenciant d’elle-même pour se montrer dans une action. Chaque différenciation comme chaque individu matérialise et spatialise ce qu’il comprend. Avant de passer dans une existence, le Pouvoir de faire est une énergie qui n’est pas différenciée. Pendant l’existence, elle est facile à identifier comme l’action de la pensée. Pendant les moments de la pensée, des barrages psychologiques peuvent être construits avec des résistances à différentes fascinations mentales. Derrière ces barrages, l’énergie inconnue qui fonctionne avec la conscience dans le vivant s’accumule.

  Comme une vague fait une parole pour le plaisir de l’onde soulevée, dans le monde des faits un coup d’œil aussi touche la vérité comme un objet, mais pas depuis la pensée qui n’est qu’un traducteur. Si dans le vivant la pensée voit son action comme une fin en elle-même, un barrage ne peut pas exister ou se maintenir, et ce qui est réel redevient l’état indifférencié de cette mystérieuse énergie en rapport avec notre conscience. Il s’agit alors d’un manque dans l’existence, ou de quelque chose qui est attendu, et dans la pensée qui nous reste nous nommons toutes choses négativement comme des fins, et positivement comme des débuts. Mais il n’y a pas en pensée de débuts sans fins, ce qui montre que la souffrance est liée à une façon de regarder la réalité qui est exclusivement l’œuvre de la pensée. La conscience individuelle doit pouvoir fonctionner avec des sens plus étendus et projeter une action depuis un plan d’existence dépassant l’être pensant individuel.

  Présente dans la souffrance de ma limitation, ma faim avale l’espace et tous les espaces, et le présent renouvelé remplit d’immensité ce qui produit ma pensée. Toutes les couleurs enchâssées dans l’espace scintillent simplement et éternellement en mille détails avant d’être comprises et décrites d’une façon ou d’une autre. Le corps prouve pareillement par ses gestes l’effort qui le fait resplendir pour la lumière. Le mal n’est pas complètement transcendé, mais ce soleil intérieur répond à un autre regard sur les soleils de matière de la différenciation, et détermine par le délice du Pouvoir de faire comment se renouvèlent toutes choses.

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