Pour Quentin

Je déteste que mes enfants se retrouvent dans le sang
Et parce que j’aime je fais des différences, c’est comme ça
Mais s’il y a du sang à verser que ce soit le mien, je préfère

En chaque homme est un diamant plus ou moins enfoui profondément
Il est difficile et improbable de le sortir du cœur vivant et le regarder
Le regarder comme un éclatement de soi-même qui change cette vie

Si un fils de mon cœur a le visage ensanglanté, je demande pourquoi
Oui, je ne sais pas pourquoi, je préfère rester ignorant et séparé de ça
Rien ne sert d’interroger un dieu que la peur ne pense qu’à cacher

Je ne l’ai pas sorti de moi ce diamant, préférant me diviser en plaintes
Je ne peux pas regarder en face tous les fils et les soleils de la création
Ma vision ligaturée par des mots pour ne pas s’éblouir de solitude divine

Comment peut-on mériter de placer dans nos cieux d’autres dieux ?
Je n’ai que des blessures d’identités et ma peur de la solitude divine
Sortir de soi la bonté est difficile comme une blessure d’enfantement

Quentin mêle ses larmes à son sang car il ne sait pas ce qui lui arrive
Ma mère se plaint que je me sois éloigné de ce qu’elle pense de Dieu
Elle s’attache à cette blessure obscure, mais pas le jeune homme

J’aimerais qu’elle comprenne que je ne suis pas dans l’ignorance
Elle me blesse d’un mal invisible, mais j’ai parlé au jeune blessé
Nous sommes les instruments dont le divin joue les pouvoirs

(Quentin qui s’est blessé à la tête en heurtant le fond de la piscine en plongeant, pendant l’échauffement avant une compétition)

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