PROMÉTHÉE LIBÉRÉ

Il y a cette bonté indivisible enveloppant le rocher, tardifs silences à l’aube
Le mal est l’effort secret et intense de trouver Dieu en réalité, le mal ne triche pas
Chaque geste du mental cherche son chemin, le mal n’a pas de camp
Mais c’est le mal qui ment dans l’apparence, et il paraît dans tous les sens
(Et chaque nuit son foie repoussait, et chaque jour le vautour le mangeait)

Voir le geste que propose le mental au corps, qui décide des accomplissements ?
En moi le mental cherche le chemin de la supranature, c’est nous qui décidons
Et je crois en surface que c’est moi qui décide, mais mon égo ne peut pas la scinder
J’ai pleuré devant les constructions audacieuses de cet être frustré, vous et moi
(Sa chaîne est une évidence trouée de lacunes, conscience du goût du bien et du mal)

Notre existence dans le monde à venir est supranaturelle, transcendant les contraires
Une plume vue dans cette totalité est plus pesante et durable qu’une montagne en mental
Cela se réjouit par le mal transcendé d’être trouvé dans la nuit levée haut comme offrande
Le titan libre à nouveau sait qu’il est déchiré mentalement par son envie divine
(Quelque chose de bon recommence dans une trame palpable d’existence)

Peser chaque geste, comment est-ce possible humainement sans être voleur de lumière ?
Prométhée est dans la nature, le mal est l’effort secret et intense de trouver Dieu
Mais le mal cesse quand le contexte de l’acte est connu, et que le mental s’illumine
Un instant identique à cette joie sans objet, à cette lumière de mon envie sans objet
(Il ressent les chocs du bien et du mal pour ressentir son existence consciente)

Il n’existe pas de mal mais des étoiles dans la nuit, pour nous souvent trop brûlantes
Des nuits d’énergies déversées dans l’obscur, d’obstacles comme promesse d’existence
Et ce choix divin avec l’homme est discernable dans tous ses habillages mentaux
Et la supranature tombée sous nos regards montre si les corps sont toujours enchaînés
(Le titan lève ses bras vers la lumière, il doit choisir ce que seront ses ressentis)

Le supramental est plus que cette vibration indéterminée faite de gestes mentaux accomplis
Nos efforts lui plaisent, ils sont ce que l’indescriptible illumine, Cela est dans ce corps qui le préfère
Pour que Cela s’observe il faut l’incertitude, elle est la sensation de l’existence qui se cherche
L’effort qui s’accomplit sur le doux chemin sait qu’il marche sur la route de ses offrandes
(La bonté des regards sur la nature est vivante ou morte comme la bonté pour soi-même)

Il peut remonter le temps de son individualité le regard qui n’est pas accroché à l‘égo
Certains moments sont pleins et courbes des actes accomplis, d’autres sont plats
D’autres sont creux, une trame temporelle chargée ne perd plus le mental dans l’instant
Prométhée libéré ressent l’existence du vautour, du roc, de l’homme son double qui vient
(Il ressent leurs possibilités exprimées, cette loi n’est connaissable qu’avec un au-delà)

À peine éveillé il jette ses bras dans la lumière, ses chaînes ressemblent à une parenthèse
Le dessin des parenthèses ressemble à l’intersection d’une sphère avec l’espace d’un plan
Et puis un vautour aurait déchiré le cercle de son bec, mais que va-t-il faire dans la nature ?
Les parenthèses divines sont pesées mentalement autrement que celles qu’il pense
(Le titan prend les chaînes de matière séparées de son corps et s’en fait un anneau)

Le voleur a disparu du contenu mental, mais la question de ce qu’il pense persiste
Et persiste aussi le temps du mal et du bien, du corps esclave et libre de ses capacités
L’absence de limites cernant nos pouvoirs était pour son mental crédule un choc infini
Il avait ainsi formé son appel divin dans la souffrance de son égoïsme illimité et insensé
(Le temps d’existence des parenthèses de l’oiseau, du soleil, de la chaine brisée…)

Ce choc d’infini fait tomber le mental dans l’incertitude et l’infini jouit avec le fini
Je ne sens pas de beauté sur mon visage, je suis anéanti par un manque de cohérence
Mais je m’arrache un soir de l’incertitude en montrant au soleil le refus des cauchemars certains
Je sais que je faisais les mauvais sacrifices jusqu’à l’ignorance quand le mal me saisissait
(Prométhée sort du mythe et touche l’humain construisant des machines pour le ciel)

D’attaque mentale ou d’inconscience, nos corps pesants contre le rocher d’union des contraires
Il y a une différence quand s’ouvre une parenthèse, et découvrir qu’elles sont le temps de la nature
Et le faire en franchissant leurs contenus est le cri du corps qui s’ouvre et saigne dans la nature
Et avec bienveillance est pesant par lui-même le cri de Prométhée libéré, et nos cris répondent
(L’espace supranaturel laisse une trace de temps dans l’espace de dimensions moindres)

Tout est à donner de soi tant que les parenthèses prennent fin…

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