LA MEDITATION

 

Les formes que prend la pensée par un langage, bruits et silences…
Les formes que prennent les actes par un corps, tant de corps !
Ce sont des méconnues qui s’éloignent de la nouveauté permanente
Les formations d’existences brilleraient autrement à l’origine

Mais si la souffrance des limitations mentales existe, tant de corps
C’est pour se formuler en méditation, par les sens nouveaux
La fixité et l’insensibilité et l’attention s’augmentent, bruits et silences
En cette augmentation le mal renforce le pouvoir de se faire cesser

Il n’y a pas de règles à suivre, car suivre une règle est mental
Mais bouger et penser sont mentaux, alors ce corps immobile est un bon début
Mais l’effort est mental, alors cette pensée immobile est une bonne renaissance
C’est un éternel début, quand ce début se maintient il est la Méditation

Celui-là veut entrer en lui-même, agité de ses pensées, incertain de ses choix
Il oublie par l’engourdissement, il oublie les fausses pudeurs, œil aventuré
Il est devant son ego, il n’y a que des heures d’immobilité pour espérer
Il cherche un autre confort par l’effort immobile et l’oubli, œil aventuré

En dehors du mental se tient la réalité, il veut ressentir et toucher Cela
Dans le corps immobile il y a une houle d’ouverture et de fermeture
Il cherche à écarter l’espace par des inflexions dans l’organisme mental
Il n’y a rien, il ment en paroles, il est un être mental qui s’illusionne

Mais il recommencera. Ce qui est cherché sans fin est en disponibilité totale

Suprême fleur d’oubli, je m’asseyais ces temps-là jambes croisées
Reflété dans la vitre fumée du poêle, chez moi ou ailleurs
Mon image était changeante, ombre des limbes taillés par mes yeux
Beauté d’un corps qui tremblotait d’apparences, en fermeté de lotus

Mon chat est toujours lové à mon côté, aucune prière ne nous entrave
La prière est réduite à silence en droiture de corps sans demander
Mais tout est possible à partir de soi-même, millions de façons !
Je sais maintenant distinguer le mental piégeur et le mental libre

Comment la fleur a grandi ? Et ce qu’elle fait ?
Elle a grandi entre les dieux, elle fait les dieux
Qui sont les dieux ? Que font les dieux ?
Je me tais ! Ils forment et transforment les corps

Je suis sans dieux par souffrance de mes limitations
Et cette fleur sans limites est apparue depuis ça
En elle est l’espace désiré, des millions d’approches
Mystères nécessaires libérés dans la merveille

Tous les trains mentaux s’éloignent de l’origine
En eux le hasard existe, et l’erreur et l’incapacité
Les buts des trains mentaux perdent les sens des voyages
La félicité d’être est la manifestation de son propre espace

Nous sommes là comme lignes de forces venues d’une réalité d’Origines. Effets de la nouveauté et effets de la persistance décrivent mieux le réel mentalisé. Les corps matérialisent ces effets.

Jouant dans mon corps des accroissements clairs obscurs
Sensations surfaçant du corps, montant du secret profond
Je suis sans joies par souffrance de limitation, voyez la déchéance
Et cette fleur sans limites pousse encore de ça vers ma renaissance

Par les influences de lumières mortes mendiant l’existence en trains mentaux
C’est un monde d’ignorances où le mensonge défigure la souffrance
Mais vrais le surmental dans les jouvences en chaque chose en chaque instant
La fleur de réalité qui les contient s’épanouit dans l’envie de la tenir

Elle dépasse le corps fécondant en besoin de sanctuaire, il sert
Un train mental sonne, j’écris des mots comme on veut la sensation
Les corps résonnants traversaient ainsi l’espace sous les Big-Bangs
Pour eux les créations étaient une houle hasardeuse d’influences

Cela se voit, Cela se touche, Cela est chéri, Cela est peuplé
Il n’y a rien de meilleur que Cela, rien de plus comblant que d’Y créer
Puissance est son activité, il a fait l’espace de son activité
Par quoi le mental d’ignorance franchit les limites de toutes les fins

Le regard s’ouvre malgré les écrans symboliques qui rétrécissaient l’espace
Il reçoit l’impact mystérieux, puissant et fécondant de la nouveauté, ample
Ce regard est maintenant la lumière des œuvres et des efforts, des commencements
Le nœud des influences se défait, la Méditation n’a plus besoin d’immobilité, le lotus vole

La réalité a fait sur les manifestations matérielles ce qui n’était pas possible pour le mental. Le hasard est une qualité vieillissante du réel, il n’est réel qu’à forte distance d’une Origine dans le mental. Le monde des phénomènes est dans l’espace que cherche la méditation, et chaque corps formé cherche sa création. Par quoi la suprême fleur d’oubli jouit de s’augmenter. Mais toutes ces phrases ne sont que des mots contraignant le mental aux possibilités limitées d’une symbolique disponible. Les mots sont bien moins puissants qu’un contact nouveau et sans souffrances avec le monde des phénomènes.

Mental emmêlés aux formes de ses moyens d’expression
Prouvant mouvement épaisseur du mal choyé dans les mondes
Il est possible d’obtenir du sens de derrière une porte en soi
Et des concepts extraterrestres sont déjà plusieurs portes plus loin

Mon ami veut faire un voyage en Thaïlande, avec sa femme et son bébé
La grand-mère s’inquiète pour le petit, elle ne veut pas de cette aventure
Mon ami a réservé les billets d’avion, il partira quand même en mal de sens
Sur la Terre, le mental humain ne croît qu’ainsi à la réalité d’un voyage

De derrière la porte, j’entends une voix fusionnelle murmurer différemment :
Mon ami est comme moi pris par ses œuvres, son besoin de faire cherche l’origine
Mon ami est comme moi matérialisé d’influences, notre erreur est leurs mathématiques
Mon ami, je veux oser décrire cette autre réalité dans laquelle nous voyageons

Chez nous le sentiment amoureux fait un début à chaque instant, tremplin de visions
Cette attente muette aux longues patiences ressemble à celle du surmental
Qui semble venir quand il veut dans ce qui lui plaît et ce qui l’appelle.
Et pourtant le surmental ne se trouve pas par le mental !

Mais posséder l’immunité aux contagions du mal, et pourtant connaître le mal ?
Mais s’émerveiller comme si c’était le plus important, et pourtant connaître la déception ?
Pour l’immensité de renaître souvent dans son corps dans le cours clos d’une existence
Pour l’immensité de ce quelque chose dans le mental humain qui cherche la mort

Comment décrire ces choses hypothétiques sans entrer par tous les aspects de l’existence dans le jeu de la laideur et de la beauté, de la connaissance et de l’ignorance ? La preuve d’un raisonnement logique fourni le beau et le vrai, mais est-ce qu’un raisonnement logique peut enclore le beau et le vrai ? Parler la langue allégorique avec souci d’exactitude est forcément s’illusionner, car ce moi change d’un instant à l’autre, et ne se reconnaît pas toujours. Ne rien dire et ne rien faire semble impossible, et il semble possible d’être mis dans l’erreur ou l’incapacité par tout le reste du monde. Serait-ce qu’il faut se faire beau pour trouver ce qu’on ne peut pas penser ?

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Considérations sur un monde phénoménal en dépendance

Ces origines inaccessibles au mental, ces origines de toutes choses indescriptibles en mental, on les voit en soi par l’œil en dedans (explosion, naissance…), et on les rencontre pareillement dans le monde des phénomènes. Ces choses descriptibles en mental, on les voit en soi par l’œil en dedans (causalité, mort…) et on les rencontre pareillement dans le monde des phénomènes. Un être dans le monde des phénomènes est fait de matière plus ou moins animée de complexité et de transformation. L’être hypothétique surmental pourrait changer l’espace phénoménal en s’éloignant ou se rapprochant d’une origine dans son espace surmental. La proximité de l’origine dans cet espace signifierait la cohérence avec les phénomènes et l’absence de hasard, l’éloignement une incohérence avec les phénomènes et la présence de hasard. Ainsi « l’immédiat » serait ce que le surmental devient dans son espace en le parcourant proche des origines, il se projetterait phénoménalement dans tous les débuts dans notre monde en dépendance. Ainsi les « influences » seraient ce que le surmental devient dans son espace en le parcourant loin des origines, elles se projetteraient phénoménalement dans toutes les fins dans notre monde en dépendance.

Sur les effets des positionnements surmentaux dans notre monde

Nous ne sommes pas simplement des effets passifs dans cette cosmogonie non matérialiste, car à mesure que le mental devient capable d’observations sur lui-même c’est lui qui donne son origine au monde spirituel, d’abord simplement mentalement et sans autre réalité phénoménale. Les effets des influences sur le mental seraient les allures de ce que l’on appelle l’égo, qui ressemblerait donc dans l’espace surmental à un « train » loin des origines, une abstraction monotone à prévalence de variables hasardeuses. L’influence se projetterait donc depuis un ailleurs pas forcement encore apparu dans le monde que nous connaissons, à mesure que le mental devient capable d’observations sur lui-même. Les influences semblent façonner nos egos dans des allures souveraines, mais quelque chose en l’égo, qui est la finitude des influences ou toute autre meilleure abstraction en langage mathématique, nous attire et nous repousse.

Sur les allures de l’égo

L’être mental égoïste est possédé par des influences parcourant un espace transcendant qu’il ne connaît pas. Son seul tort est d’être limité en capacités, et il ne se le pardonne pas les uns aux autres, consciemment ou non. Sa vérité phénoménale est de préparer en lui-même ou en l’autre, même dans la souffrance de ses limitations s’il est capable de la dépasser, l’être et le corps du surmental. Tout conflit d’états mentaux est celui d’influences semblables dans leurs réalités surmentales. Les traditions occultes s’opposant aux sciences matérialistes étaient déjà un exemple de conflits hasardeux d’influences dans un monde phénoménal d’espace spirituel restreint, car loin des origines l’espace intérieur des choses se réduit à rien.

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