SPLENDEURS

J’ai fait un certain nombre de choses aujourd’hui jusqu’à ce moment, il est 14h35, et… je crois que c’est comme cela que l’on s’exprime… un soleil bas sur l’horizon de fin d’automne m’encourage encore par son rayonnement.

C’était splendide pendant un rêve de la nuit dernière. J’avais déjà vu le soleil en face en moi, cette fois-ci il m’enveloppait de tout côté, et ce fut long en temps, tellement que l’étonnement versait avec science cet être étranger en ma mémoire. La chaleur de ce rayonnement intérieur, si différent des images ordinaires du rêve, m’avait surpris en sommeil profond pour me tirer tout palpitant et ravi vers l’éveil, alors que je m’étais couché si désespéré.

J’étais en désespoir de cette féroce pensée humaine qui m’attaquait de l’extérieur et de l’intérieur. Ce mal est si contagieux…  Il ne m’est pas permis d’être heureux, bon et libre et auteur de ma conscience, créateur d’espace, en présence de ce Mal qui est tout ce que ma pensée n’a pas résolu, qu’elle ne peut pas résoudre… tout ce que la pensée des autres a fait, me fait, et fera… ce Mal dans le monde que l’on ressent en devenant Lui, ce Connu imaginé, ce sacrifice de notre conscience qui signale le Mal de la grande Déchireuse partagée : la Pensée isolée dans le cerveau humain. J’avais l’honneur de Le voir en désespoir, un honneur pour un Autre en moi qui me sacrifiait. Je n’ai pas pu le penser moi-même ce Mal, car Il était grand comme le monde, grand comme tous les mensonges et toutes les souffrances physiques et psychiques, grand comme une Pensée si nombreuse réduite à un point sans espace.

Plutôt que de m’aveugler par toujours plus de pensées encore, je trouvais l’envie en retour de mon désespoir de chercher à fixer un point fixe derrière mes paupières fermées, avec ce regard qui veut ouvrir l’espace, ce regard de la conscience niant la solitude et la limitation. Conscience comme Science seule au monde cherchant avec l’Autre.

Tandis qu’à chaque instant mes yeux se révulsaient en sombrant par fatigue du côté du sommeil, je les ramenais comme je pouvais avec efforts vers ce point fixe dans cet écran de chair où des lueurs habituelles émergent en myriades de points pâles, ces lueurs mortes enflant et se diluant vers l’oubli des sensations, choses que les yeux fermés de chacun d’entre nous peuvent bien observer.

La méditation est un univers au moins aussi vaste que celui de la pensée, et il faut la découvrir soi-même. La pensée qui est seule à la désigner n’a aucune force, aucun résultat. La méditation est un univers d’effets qui tombent d’en haut et nos pensées seules n’ont pas force d’effet, sauf à se dupliquer en imitation. Et ceci qui est dit ici n’est par ces mots que de la pensée, et il ne faut pas la croire, mais ceci qui est dit ici est réellement l’envie de chercher au-delà de la pensée, en rupture avec ce qui est connu. Une invitation à méditer.

Ainsi je ramenais mon regard derrière l’écran noir de mes paupières vers le point difficile à fixer, et c’était une tentative comme une autre, mais faite avec la même envie soutenue par le même désespoir auréolé d’honneurs. Alors il y eut un point anormalement lumineux qui se dissipa en fumée, et je revois aussi comme de très petites paillettes aux contours nets courir rapidement le temps de leur apparition.

Tout se passe comme si nos êtres étaient des machines pour ces effets, et ces effets les éléments d’un monde que nous ne connaissons pas. Alors qu’en pensée nous avons l’impression d’exister par ce qui est connu. Il me semble même que dans cet autre monde les choses produites dans le temps sont réformables, de même qu’ici des objets disposés spatialement peuvent être déplacés selon la description qu’en fait la pensée. Je suis en train de dire que je ne peux pas savoir qui je suis par la pensée, mais qu’en conscience je peux redéfinir ce que j’ai été, ce que je suis, ainsi qu’une direction de ce que je serai. On comprend donc que je cherche la conscience par mes actes, car bien que je ne sache pas qui je suis, je peux éprouver si le monde est rétréci et piégé pour moi, ou si je suis libre de m’y déplacer sans me craindre moi-même dedans. Parce que l’espace et la clarté de la conscience sont une même chose délicieuse et que toutes les pensées maîtresses du corps implorent cet effet.

Voyons, qu’aurais-je dit à Olympie ?

« Les dieux sont sensibles à nos efforts

Les hommes sont les effets des dieux

Que le facile soit accompli pour eux

Que le difficile ne soit pas démesuré pour toi »

Et que dirais-je maintenant ?

« Je suis fier de nos hommes, de nos sciences, de nos réalisations, de nos exploits

Ils prouvent que les pensées des hommes n’ont pas toujours été livrées à elles-mêmes »

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